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par Laure P, Aaron R, Lisa L et Nathanaelle S .

vendredi 4 novembre 2016 par A. Beillard et S. Dufraisse, publié par H. MERLIN

Critique du film Allemagne Année Zéro par Laure Pitrel, Aaron Relle, Lisa Laisney et Nathanaelle Siberie .
Le film présente des avantages pour le spectateur résultant de l’enrichissement que présente l’œuvre pour sa culture historique. En effet, le film se fait le miroir des conditions morales, sociales et économiques et des conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur les habitants de Berlin. Le fait qu’il soit tourné au cœur même du Berlin détruit, seulement quelques années après la fin de la guerre donne un réalisme au cadre et fait du film un témoignage objectif et fidèle de la ville de Berlin où 3 millions et demi de personnes supportent leur vie desespérée sans presque s’en rendre compte.
Si nous considérons maintenant le film comme une œuvre artistique cinématographique et non plus comme un témoignage historique, notre ressentit est assez négatif. Cette mauvaise appréciation prend source dans la conception de Rossellini et les caractéristiques même du néo-réalisme. En effet, nous n’avons pas apprécié la concentration de tous les maux de l’Allemagne d’après guerre au sein d’une cellule famille étroite. Tout semble fait pour entraîner la chute inéluctable d’Edmund qui apparaît comme « l’homme de la maison » puisqu’il est tout d’abord confronté à des difficultés économiques qui le poussent à travailler à 13 ans pour assurer la survie de son père malade et de son frère Nazi qui se cache. Les autres éléments qui entrainent la décadence du personnage sont la perte de repères liée au nazisme, la manipulation d’Edmund par le Nazi, le parricide qu’il commet ainsi que son suicide. Cela donne un poids au film et un aspect moins réaliste du point de vue de l’histoire des personnages. Ainsi, tout sent le cliché à la sauce réaliste, donc cliché quand même, ce qui remet en question l’aspect historique du film qui ne serait plus fondé sur la réalité précise de l’experience de vie de Berlinois à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, on trouve la figure type voir même cliché de l’ancien Nazi caché, celle du père autoritaire et violent tout comme celle du petit blond innocent victime des « grands », c’est à dire des générations precédentes responsables du Nazisme et de toutes ses conséquences. De plus si l’on s’interesse à l’esthetique du film nous considérons que l’extrême réalisme des scènes voulu par le réalisateur donne un caractère soporifique au film. L’histoire nous apparaît comme pauvre, les dialogues nous paraissent banals, sans intérêt particulier, comme par exemple celui de la première scène dans l’appartement. On comprend certes que la banalité est une des caractéristiques de la réalité et donc un outil du réalisme, mais quel est l’intérêt du réalisme dans la représentation d’une banalité sans intérêt ? Un des autres aspects du film qui participe selon nous à l’alourdir est une vision très moraliste, le réalisateur cherche à tirer de chaque moment du film une morale quand au danger du Nazisme et des dérives totalitaires pour la population. Enfin, nous n’avons pas réellement apprécié le pessimisme terrible du réalisateur qui fait le constat alarmant des nostalgiques du régime nazi qui luttent encore contre les forces d’occupation et de ceux qui se résignent. La société allemande décrite par Rossellini semble sans avenir, déterminée à sombrer et à ne jamais se relever, comme le montre la scène finale du suicide d’Edmund qui cherche à montrer que même les enfants qui sont communément vus comme l’avenir n’ont eux même même plus d’espoir ni d’avenir.
On peut donc conclure de cette critique que notre avis sur le film est plutôt mitigé. En effet, le film, même s’il présente une durée très courte nous a paru en revanche très long, de par la présence de nombreux éléments et aspects du film qui l’alourdissent et le rendent « cliché » et qui donc voilent et même cachent en quelque sorte la volonté de Rossellini de montrer la réalité.


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