Compte rendu de la visite

par JB Mathieu, publié par M. HERY

Notre séquence portant sur le voyage en Orient au XIXe siècle, le 14 février, nous sommes allés au musée d’Orsay afin d’approfondir nos connaissances sur ce sujet.
Ce musée expose de nombreuses œuvres du milieu du XIXe siècle, notamment dans les styles romantique et néo-classique. Les spécialistes du mouvement romantique ne s’accordent pas sur une définition donc on considère romantique tout ce qui n’est pas classique c’est-à-dire tout ce qui ne renvoie pas à l’antiquité gréco-romaine. En Allemagne, l’Orient était vu comme le romantisme « suprême » mais la représentation orientale était souvent imaginaire et fantasmée car de nombreux artistes n’avaient pas vu ces paysages de leurs propres yeux. Eugène Delacroix fut le premier à rapporter une vision réaliste de l’Orient à travers des aquarelles et des dessins en 1832. Une fois revenu en France, de nombreux peintres s’intéressent à son travail, dont Chassériau, un des meilleurs élèves d’Ingres. Ce dernier est considéré comme un des plus grands peintres du classicisme bien que certains de ses tableaux relèvent du mouvement romantique. Chassériau fit un voyage en Algérie où il aurait fréquenté des hammams. C’est pourquoi son tableau « Le Tepidarium » représentant des thermes (car Chassériau s’intéressait aussi à l’histoire antique) met en valeur des femmes de différentes couleurs de peau et vêtues de façon orientale.

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Henri Regnault, peintre français du XIXe siècle, étudia au Beaux-arts à Paris. Il reçut le prix de Rome qui lui permit de séjourner à la Villa Médicis en Italie. Cependant Regnault ne s’intéresse pas à l’antiquité et quitte l’Italie pour aller en Espagne où la ville de Grenade le marque profondément. Il peint alors « L’exécution sans jugement sous les rois maures de Grenade »,qui est un tableau reflétant la violence de la décapitation . Les tonalités d’orange et le fond architectural de cette peinture font référence à l’Orient.

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L’orientalisme commence avec l’égyptomanie, un concept qui décrit la fascination pour la culture et l’histoire de l’Égypte antique. En 1798, Napoléon Bonaparte organise une expédition en Égypte qui est un symbole de permanence et de réussite technique. En effet, Bonaparte va emmener environ 160 savants de domaines différents avec lui afin d’étudier la vie en Égypte. Durant cette campagne, les Français vont « aider » le peuple égyptien à repousser les Anglais et les Ottomans ( car ces derniers en voulaient surtout aux Français).

Ensuite, nous avons vu un tableau s’intitulant « Ramsès dans son harem » peint par Lecomte de Noüy, où l’on peut voir le pharaon entouré de femmes dévêtues.

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Le corps est mis en avant, est libéré, sans tabou, comme à l’époque du paradis pré-chrétien, avant que la religion enferme les corps dans des mœurs. Ici, le peintre s’est inspiré du roman La momie de Théophile Gautier.
Eugène Fromentin est un peintre et écrivain dans le style réaliste mais toujours un peu romantique que nous avons étudié en cours. Ses œuvres ont beaucoup de succès car la population n’avait pas les moyens pour voyager et les photos n’étaient pas très répandues. Grâce à ses œuvres littéraires et à ses peintures, le peuple pouvait s’évader.
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Ce tableau, « Le pays de la soif » de Fromentin, fait référence au « Radeau de la Méduse » de Géricault. En effet, nous remarquons une structure en triangle avec au sommet, un homme levant le bras comme pour appeler aux secours. Cette peinture montre une vision plus réaliste de l’Orient par rapport à d’autres œuvres, qui elles ont une vision plus imaginée et rêvée.
Pour finir, nous avons vu un dernier tableau, « Pèlerins allant à la Mecque » de Belly. On remarque, grâce aux ombres, que la traversée du désert a été effectuée à midi, le moment le plus chaud de la journée. Il a eu beaucoup de succès car c’est un message de tolérance et de paix. En effet, nous distinguons, parmi les pèlerins, une femme assise sur un âne portant un nourrisson et son mari tenant l’âne. Nous pouvons en déduire qu’il s’agit d’une référence biblique : Marie, Joseph et Jésus. C’est donc un message de paix car plusieurs religions sont réunies dans ce pèlerinage.
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Avant cette visite, nous ne pensions pas que l’Orient était un sujet aussi exploité par les artistes et qui avait autant marqué les esprits. Voir les tableaux en vrai était une expérience enrichissante et intéressante. Cela nous a aussi permis de comprendre que chaque artiste a sa propre vision de l’Orient et sa propre sensibilité. Pour conclure, cette visite a approfondi le cours que nous avons eu et a permis de travailler sur un autre support que les œuvres littéraires.

Lucy D. ; Sakura Y. 2nde 8